Fais pas ci, fais pas ça !

Mon défi : semaine 3 sur 21

“Ne mets pas ton doigt dans le nez”, “Ne touche pas au verre”, “On ne tape pas”, “Arrête de crier”… En tant que parent, on passe notre temps à dire à nos enfants de ne pas faire ci ou de ne pas faire ça. Non seulement c’est usant mais en plus, ça ne marche pas franchement !

J’ai des centaines d’anecdotes sur le sujet mais une m’a particulièrement marquée lors des dernières vacances de Noël. Mon frère dit aux enfants : “On ne court pas dans la maison !”. Et là, on voit Poussinou, sourire aux lèvres, en train de courir comme un petit fou et de répéter “On court pas ! On court pas ! On court pas !”. J’avoue qu’à ce moment-là, ça nous a bien fait rire. Mais dans d’autres situations, ça me fait moyennement rire et je suis sûre que c’est pareil pour vous…

Tu le vois ton bambin quand tu essaies de le prévenir “Ecoute Loulou, cette bouteille est en verre, elle est très fragile. Surtout, tu n’y touches pas.” Et là, que décide t-il de faire ? Toucher cette foutue bouteille ! Tu te dis c’est pas possible, ils en font vraiment exprès ces gosses !

Faire ou ne pas faire

Lors de l’atelier de Discipline Positive pour les parents auquel j’ai assisté, nous avons fait une activité qui m’a fait prendre conscience de certaines choses. La formatrice nous annonce “Je vais vous donner des consignes et je vous demande de les exécuter”. Puis elle enchaîne les phrases suivantes : “Ne vous asseyez pas. Ne mettez pas vos mains le long du corps. Ne fermez pas la bouche. N’ouvrez pas la bouche. Ne vous levez pas…”

Allez, dis-moi que tu t’imaginais en train de le faire pendant que tu me lisais ? Si c’est le cas, qu’as-tu ressenti ? Que pensais-tu ? Pas évident de respecter ces consignes, n’est-ce pas ! C’est à ce moment précis que j’ai réalisé que même en temps qu’adulte, c’était hyper compliqué pour le cerveau d’enregistrer le verbe / l’action et la négation en même temps. D’autant que la négation arrive avant l’action.

A la suite de cette réflexion, notre formatrice nous a formulé des consignes à exécuter, cette-fois ci sans négation. C’était beaucoup plus clair et simple à appliquer !

L’objectif de cet exercice est de comprendre qu’il est important de dire aux enfants ce que nous attendons d’eux plutôt que ce que nous ne souhaitons pas qu’ils fassent. Isabelle Filliozat explique dans son livre J’ai tout essayé !que “la négation oblige à deux gestes mentaux : l’évocation, donc la construction d’une image mentale, puis la négation de cette représentation.” Elle va même plus loin en notant que “pour poser des limites, les permissions et les informations sont plus efficaces que les interdits”.

Et dans la vraie vie, on fait comment ?

Alors, je vais pas vous le cacher, ce réflexe ne se choppe pas du jour au lendemain. Cela demande de l’entraînement et encore, on peut facilement mettre ce principe de côté avec le temps ou si on est à bout ou fatigué ou que sais-je encore. Mais ce n’est pas grave si on ne le fait pas systématiquement, on est des parents plus qu’imparfaits oui ou non Smile ?

Voici quelques idées de phrases :

  • Ne vas pas sur la route => On reste sur le trottoir.
  • On ne tape pas => Les mains sont faites pour caresser… Ou faire des guilis !!! (et là, vous partez en mode chatouille, ça peut désamorcer un conflit).
  • On ne crie pas => On parle doucement / à voix basse.
  • Ne jette pas les brocolis par terrre => Les brocolis restent dans l’assiette ou vont dans le bidou !
  • On ne court pas autour de la piscine => Sur l’herbe, on peut courir. Sur la pierre, on marche.
  • Ne touche pas à ce couteau => On peut prendre la cuillère. Ou la fourchette de grand si tu préfères !
  • Un peu plus compliqué : Arrête de m’interrompre, je discute avec la dame => Souviens-toi bien de ce que tu veux me dire. Dès que j’aurai terminé de discuter avec la dame, tu pourras m’en parler.
  • N’arrache pas les cheveux de ta petite soeur => Tu peux arracher les cheveux de sa poupée. Mais non, je rigole bien sûr  Rolling on the floor laughing !

Mais est-ce que ça marche ?

Est-ce que ça marche pour moi ? Souvent oui, quelquefois non. Voici l’analyse que j’en ai faite.

  • Cela fonctionne très bien quand l’enfant est dans un bon mood. Et plus on répètera une phrase tournée positivement, plus cela deviendra un automatisme pour lui.
  • Ca marche moyen, à court terme, lorsque l’enfant est en colère. Toutefois, plus on utilise des termes positifs (par exemple “on parle doucement” plutôt que “on ne crie pas”) et plus l’enfant l’intégrera. Cela signifie aussi qu’avec le temps, on s’habituera à utiliser moins de termes négatifs.
  • On peut vite tomber dans une déferlante d’ordres. Et même si c’est tourné positivement, un ordre reste un ordre : c’est usant pour tout le monde et ce n’est pas responsabilisant pour l’enfant. C’est pour cette raison que je garde surtout en tête d’éviter la négation. A la place, j’utilise d’autres techniques pour formuler ma demande différemment, comme le montre mon exemple ci-dessus, lorsque je discutais avec une dame. Une autre option que j’utilise beaucoup : les questions de curiosité. Promis, je vous en parle la semaine prochaine !
  • J’applique dès que je peux le conseil d’Isabelle Filliozat sur le fait de formuler des permissions plutôt que des interdictions comme le souligne l’exemple avec la piscine, extrait de son livre, ou celui du couteau. Ca marche vraiment bien ! Mais encore une fois, c’est de l’entraînement. Par exemple, au lieu de dire “on ne tape pas”, une autre alternative que celle proposée plus haut serait de dire “Tu peux taper si tu es en colère, mais uniquement sur ton coussin Kontap. Au fait, je ne l’ai pas vu depuis un moment, sais-tu où il se trouve ?” Bon là, j’ajoute en plus une question de curiosité et une diversion.

Pour débuter…

Pour le moment, ne te prends pas trop la tête avec l’analyse que j’ai faite ci-dessus. Je te propose de noter en commentaire ci-dessous les 5 ordres formulés négativement que tu prononces le plus souvent. Certaines phrases reviennent tout le temps donc prends celles-ci et note-les en commentaire.

Pour chacune de ces phrases, réfléchis à une reformulation. Je pourrai t’aider aussi dans cette étape. Une fois que tu es satisfait, retiens-les et utilise-les. Pas juste 2 ou 3 fois mais sur plusieurs semaines. Et si tu peux, reviens sur cet article pour me commenter ton expérience. Je serais ravie de connaître tes ressentis. Une fois que tu auras assimilé ces 5 phrases, tu pourras t’entraîner avec d’autres expressions.

A la semaine prochaine pour l’article 4 sur 21 de mon défi et d’ici là, j’ai hâte de te lire !

Photo : Allen Taylor


Tu viens de lire l’article 3 sur 21 de mon défi. Le défi que je me suis lancé ? Tester 21 principes de la discipline et la parentalité positive en 21 semaines et partager avec toi chacune de mes expériences. > En savoir plus sur le défi.

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