Comment vivre l’Education Non Violente au quotidien

Mon défi : semaine 15 sur 21

Punition, fessée, VEO… L’éducation de nos enfants, voici un sujet qui divise les Français ! L’Education Non Violente est l’un des piliers de l’éducation bienveillante. Il était donc primordial que je me penche dessus durant mon défi en 21 semaines. Mais pourquoi tant de ramdam autour de l’Education Non Violente ?

Certains parents sont littéralement contre car ils estiment qu’il faut exercer son autorité parentale pour ne pas se faire bouffer, et puis que de toute façon, une fessée n’a jamais tué personne. D’autres militent pour voir disparaître les Violences Educatives Ordinaires. Et puis, il y les autres. Des parents qui ont le souci de bien faire et qui tentent de s’y retrouver face à la multitude d’informations qu’ils ont à leur disposition. Des parents qui se culpabilisent lorsqu’ils voient qu’ils ne sont pas parfaits…

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L’Education Non Violente, c’est quoi exactement ?

Commençons par le commencement. L’Education Non Violente, c’est quoi ? C’est le fait d’employer une méthode visant à faire grandir un enfant sans Violences Educatives Ordinaires (VEO). OK… Mais les VEO, c’est quoi ? Selon le site Stop VEO, les VEO sont des violences physiques, psychologiques ou verbales utilisées envers les enfants à titre éducatif, communément admises et tolérées. Quelques exemples : claque, fessée, tape, humiliation, chantage affectif, moquerie…

A ma connaissance, il n’existe pas de listing officiel des VEO. Toutefois, le collectif Enfances Epanouies dresse une liste détaillée de VEO. Ce collectif classe les VEO en 6 catégories :

  • Les violences physiques (taper, mettre une fessée, tirer les oreilles, pincer…)
  • Les violences psychologiques (faire peur, rabaisser, faire preuve de laxisme, se moquer, punir…)
  • Les violences culturelles (imposer nos coutumes, notre religion, percer les oreilles, circoncire…)
  • Les douces violences (presser l’enfant, le mettre devant la TV pour avoir la paix, le forcer à rester à table…)
  • Les maltraitances (coups de pieds, douches froides, attouchements sexuels, viols, insultes…)
  • Les violences médicales (décalotter, suppositoires…)

Pour voir le listing du collectif Enfances Epanouies, c’est par ici. Si tu souhaites être conseillé(e), il existe également un groupe fermé Facebook auquel tu peux adhérer : Enfances Epanouies – Echanges et conseils sans VEO.

Au secours, j’utilise des VEO au quotidien !

Et cette garce de Culpabilité refait surface…

Et voilà, pendant que je suis plongée dans mes recherches, un sentiment très désagréable monte en moi… La culpabilité. Je réalise à ce moment-là que je suis très loin d’être un parent parfait puisque les douces violences font partie de notre quotidien. Comme presser l’enfant, le moucher sans le prévenir, épeler un mot ou le dire en langue étrangère afin qu’il ne comprenne pas, sentir ses fesses et lui dire qu’il ne sent pas bon…

Est-ce que c’est pareil pour toi lorsque, partant d’un bon sentiment, tu tâches d’en savoir plus sur les VEO, l’Education Non Violente ou sur la parentalité positive et qu’au final, tu te sens super mal car tu te rends compte que tu es encore loin d’être un “parent bienveillant” ? S’il t’arrive ou qu’il t’est déjà arrivé de donner une fessée à ton enfant, de lui faire du chantage, de crier après lui, de le forcer à faire des choses… Et que tu lis mon blog, c’est probablement que faire cela te rend très mal et te fait culpabiliser. Je te comprends. Rien de pire que de lire la peur dans les yeux de nos enfants lorsqu’ils nous regardent. On perd pied ainsi que le peu d’estime de soi qu’on avait.

Tu sais, c’est un défi du quotidien de sortir des VEO car cela fait partie de nous, nous avons été éduqués ainsi. Mais le fait de t’informer sur l’Education Non Violente prouve que tu as envie de t’améliorer, que tu acceptes  de te remettre en question. Et rien que pour ça, je te le dis, tu es un super parent car sincèrement, tout le monde ne le fait pas !

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Comment mieux appréhender l’Education Non Violente sans me culpabiliser ?

On ne sera jamais des parents parfaits (car dis-toi bien que les parents parfaits n’ont jamais eu d’enfants !) alors acceptons-le et tentons de nous améliorer petit à petit.

Laisse-moi te donner trois axes qui te permettront, j’espère, de mieux vivre l’Education Non Violente et la parentalité positive de façon générale.

1.Teste

Teste uniquement les outils de la parentalité qui te parlent, ceux que tu penses constructifs pour toi et ta famille et que tu peux t’approprier.

2. Persiste

Utiliser peu d’outils de la parentalité, c’est OK mais laisser tomber au moindre échec, ça l’est moins. C’est tout à fait normal de se sentir découragé lorsqu’on ne voit pas toujours de résultats à court terme. Le pire, c’est lorsqu’on a des enfants qui ne sont plus en bas âge. S’ils voient nos méthodes éducatives évoluer, cela peut les déstabiliser et produire dans les débuts, l’effet inverse de ce qui était recherché. Lorsque tu sens le découragement pointer le bout de son nez, pense aux valeurs et compétences de vie que tu as envie d’enseigner à ton enfant. Le brouillard dans ta tête devrait ainsi se dissiper.

3. Pose-toi la bonne question

Pas la peine de faire des recherches de listes de VEO et de te les coller sur ton frigo, sur un tableau Pinterest, etc… Lorsque tu as un doute sur le fait que ce que tu dis ou tu fais est constructif, pose-toi la question suivante : est-ce que ce que je dis ou je fais à mon enfant lui fait du bien ou lui fait du mal ? En répondant à cette question, non seulement tu feras ce qui est bon pour ton enfant mais en plus tu seras en phase avec tes propres valeurs et lignes de conduite familiales.

VEO

Et toi Emma, t’en penses quoi des douces violences ?

Comme je te disais, il m’arrive sans m’en rendre compte d’utiliser des douces violences au quotidien. Mais je constate aussi que selon les listings, les douces violences peuvent être très différentes en fonction de la personne qui a dressé la liste.

Je vais te dire le fond de ma pensée à propos des douces violences : je trouve ça très bien que ces listes existent car elles permettent une réelle prise de conscience et une remise en question profonde. Toutefois, je pense que ces dernières sont à aborder à partir du moment où que les maltraitances, les violences physiques ainsi que les violences psychologiques ne sont plus employées. Comme je dis souvent, prenons les choses les unes après les autres et essayons de nous améliorer pas après pas. Arrêtons de nous imposer trop de pressions ! Et puis quand je vois le nombre de Français qui revendiquent le droit de frapper leurs enfants, je me dis que si les différentes listes de douces violences passaient entre leurs mains, le message de l’association StopVEO, Enfance sans violences risquerait d’être mal compris et perçu.

Donc être sensibilisé aux douces violences oui, mais passer à l’action uniquement si on est certain de ne plus exercer aucun autre type de violences (on va dire que c’est le niveau confirmé des parents bienveillants !).

Et des violences physiques et psychologiques ?

Un sujet sensible…

Un livre qui m’a beaucoup inspiré sur le sujet des VEO, de l’Education Non Violente et des violences physiques et psychologiques en particulier, c’est Vivre heureux avec son enfant du Dr Catherine Gueguen. Ses mots m’ont bouleversée et même révoltée. J’ai pris conscience de certaines choses qui ne sont finalement que du bon sens.

Je vais t’avouer quelque chose, je suis quelqu’un d’extrêmement empathique mais là où je n’ai aucune empathie, c’est pour les personnes qui sont fières d’utiliser des violences physiques et psychologiques sur leurs enfants. Je peux comprendre pourquoi on peut être amené à employer ces méthodes (je t’invite à lire mon article Les punitions et récompenses sont-elles efficaces ?) mais une fois qu’on est informé sur l’Education Non Violente, je ne comprends pas pourquoi certaines personnes restent campées sur leur position et refusent de remettre leur méthode éducative en question.

Je n’arrive pas à comprendre…

Je n’arrive pas à comprendre en quoi une tape ou une humiliation peut avoir un quelconque intérêt pédagogique.

Je n’arrive pas à comprendre pourquoi on n’a pas le droit de frapper un adulte ou de lui imposer des violences psychologiques mais qu’on a le droit de le faire aux enfants.

Je n’arrive pas à comprendre pourquoi on dit à un enfant de ne pas s’en prendre à un plus petit alors que certains adultes s’en prennent aux enfants.

Je n’arrive pas à comprendre en quoi faire souffrir physiquement et psychologiquement un enfant afin d’éveiller chez lui crainte et soumission permet de l’éduquer et d’en tirer de la satisfaction.

Je n’arrive pas à comprendre comment on peut tisser des liens avec notre enfant s’il nous craint.

Je n’arrive pas à comprendre en quoi un enfant peut se sentir sécurisé, serein, sûr de lui et avec une bonne estime de lui si l’éducation qu’il reçoit est basée sur la crainte et l’obéissance.

Je n’arrive pas à comprendre en quoi faire passer à son enfant le message “J’ai le droit de te faire physiquement ou psychologiquement du mal pour obtenir le bien” favorise les comportements qui sont en phase avec notre éthique et nos valeurs.

Je n’arrive pas à comprendre en quoi un enfant qui n’est pas respecté en tant que personne peut être respectueux avec les autres et envers lui-même.

Je n’arrive pas à comprendre en quoi isoler ou humilier un enfant peut lui permettre de se sentir compris et valorisé.

Et surtout, je n’arrive pas à comprendre pourquoi on appelle :
Agression le fait de frapper un adulte,
Cruauté le fait de frapper un animal,
mais Education le fait de frapper un enfant.

Et toi, comment te sens-tu face à ce sujet qui divise ? Est-ce qu’il t’arrive de culpabiliser ? N’hésite pas à me partager ton ressenti en commentaire ou en me contactant.

Photo : Havilah Galaxy
Musique : Jamie Rumley


Tu viens de lire l’article 15 sur 21 de mon défi. Le défi que je me suis lancé ? Tester 21 principes de la discipline et la parentalité positive en 21 semaines et partager avec toi chacune de mes expériences. > En savoir plus sur le défi.

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