Les punitions et récompenses sont-elles efficaces ?

Mon défi : semaine 13 sur 21

Peut-être que comme beaucoup de parents d’aujourd’hui, tu as reçu une éducation traditionnelle (à l’école et/ou à la maison). Cette éducation, basée sur le pouvoir et la relation dominant/dominé, fonctionnait (que dis-je, “fonctionne” !) à coup de carottes et de bâtons. Les fameuses récompenses et punitions. Mais qu’enseigne cette méthode aux enfants ? Est-elle vraiment efficace ?

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Pourquoi on punit et on récompense les enfants

Encore une fois, l’objet de cet article n’est pas de te faire culpabiliser. Au contraire, je veux te montrer que c’est complètement normal d’employer cette méthode et qu’il y a des raisons qui pourraient justifier cette éducation. Alors, pourquoi utilisons-nous les punitions et les récompenses pour modifier le comportement d’un enfant ?

Parce que ça marche

Je ne vais pas y aller par 4 chemins, on punit et on récompense encore les enfants parce que souvent, ça marche à court terme ! La menace d’une punition peut cesser tout comportement que nous estimons inacceptable.

Pour son bien

J’entends souvent des parents dire qu’ils ne punissent pas leur enfant par gaieté de cœur mais qu’ils le font pour lui rendre service. Ils se disent qu’en lui apprenant l’obéissance à la maison, on le prépare à obéir à toute forme d’autorité. D’ailleurs, n’a-t-on pas déjà entendu de la part d’un adulte “Mon père était très dur avec moi et me frappait dès que je faisais des bêtises. Et regardez, je n’en suis pas mort ! Il faut dire que j’étais insupportable, je ne sais pas où j’en serais aujourd’hui s’il n’avait pas été si dur avec moi”.

C’est pour cette raison que je ne suis pas fan du terme “éducation bienveillante” (même si je l’utilise régulièrement) car les parents qui punissent le font généralement en pensant être bienveillants, pour le bien de leur enfant.

recompenses-punitions

Parce que c’est le schéma que nous connaissons

Que ce soit à la maison ou à l’école, la plupart des adultes d’aujourd’hui ont reçu une éducation traditionnelle. On punissait les mauvais comportements et on récompensait les bonnes actions. Il est donc très difficile de sortir de ce schéma voire impossible si on ne prend pas le recul nécessaire pour reconsidérer et rechallenger ce schéma éducatif. Et puis on a peur de se faire “bouffer” par notre enfant, de tomber dans une éducation laxiste et que l’entourage considère notre enfant comme un enfant-roi ou tyran.

Parce que c’est plus simple

En tant qu’adulte, nous avons une palette impressionnante d’outils à notre disposition pour punir ou récompenser un jeune enfant. Par le biais de tout ce qui est matériel – les jouets par exemple – mais aussi par notre supériorité physique. Et puis il arrive qu’on veuille mettre un terme aux discussions et négociations incessantes, on en a marre de répéter 50 fois la même chose, on est exaspéré, fatigué. On se dit “mais c’est pas possible, il me cherche !”.


Les limites des récompenses

Quand on voit les raisons qui nous poussent à récompenser et punir nos enfants, on comprend pourquoi il peut sembler logique d’employer cette méthode. Mais creusons un peu plus le sujet si tu veux bien. Je te propose de découvrir les limites des récompenses, basées sur l’analyse du Dr. Thomas Gordon, psychologue américain inscrit dans le courant de la psychologie humaniste.

Elles n’intéressent pas toujours l’enfant ou le démotivent

Elles n’ont aucun effet sur l’enfant si elles ont peu de valeur à ses yeux, si elles sont trop loin dans le temps ou si elles sont décourageantes (quelquefois, le prix à payer pour obtenir une récompense peut paraître très élevé. L’enfant se dit qu’il n’arrivera jamais à atteindre le but. Découragé, il décide alors de ne pas essayer ou de laisser tomber.).

L’adulte se fait prendre à son propre jeu

  • Un comportement inacceptable est parfois récompensé. Un enfant qui fait des pitreries en classe sera certes punit par son professeur mais il pourra avoir l’envie de recommencer si ses camarades de classe sont amusés et  qu’ils réagissent par des rires et des sourires.
  • L’enfant s’attend à ce que tous les bons comportements soient récompensés. Il perçoit alors l’absence de récompense comme une punition. Or, il est impossible pour un adulte de donner une récompense à chaque fois que l’enfant se comporte “bien”.

Tu peux également lire l’article L’encouragement, plus fort que le compliment.

En grandissant, les récompenses deviennent inefficaces

En grandissant, l’enfant est de moins en moins dépendant des adultes pour satisfaire ses besoins. Ce qui fonctionnait tout petit s’avère inefficace en grandissant. Elles peuvent même engendrer de la rébellion.

La motivation ne vient pas de l’intérieur

Enfin, et c’est ce qui me touche le plus, la motivation provient de récompenses extrinsèques et non de récompenses intrinsèques. Les enfants travaillent alors dans le seul but d’obtenir des récompenses. Ils “travaillent pour les notes” et non pour apprendre. Un ami me racontait qu’il n’était pas très bon à l’école jusqu’au jour où son grand-père lui a promis de lui offrir des cadeaux à chaque fois qu’il avait la meilleure note. Il est devenu le meilleur de sa classe durant les mois où ces récompenses ont durées mais à partir du moment où il n’a plus reçu ces récompenses, c’était fini. Il était redevenu l’un des moins bons de la classe car il estimait qu’il n’avait plus de raison d’apprendre.

Les récompenses intrinsèques font quant à elles appel à la satisfaction et au plaisir personnel. Elles motivent profondément, favorisent l’estime de soi et développent l’autonomie, la créativité et l’altruisme. Elles permettent également d’affiner ses goûts (ce qu’il apprécie ou non) et de prendre le recul nécessaire pour quelquefois remettre en question certaines choses. Les récompenses intrinsèques permettent de s’accomplir et d’être en accord avec soi-même. Certains diront que cela va à l’encontre du système et que ça ne rendra pas service à l’enfant lorsqu’il deviendra adulte. Je ne suis pas vraiment du même avis. Si on réfléchit bien, ne serait-ce pas des qualités très appréciées dans beaucoup d’entreprises ? Les recruteurs préfèrent avoir en face d’eux un candidat passionné par son métier et par l’entreprise plutôt que quelqu’un qui est simplement là pour avoir une paye à la fin du mois.

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Les limites des punitions

Je pourrai t’en parler pendant des heures tellement je suis convaincue que les punitions sont inutiles… Elles peuvent même avoir de lourds impacts car en voyant l’inefficacité des punitions légères, on peut facilement tomber dans les punitions sévères afin de montrer à son enfant “qui commande” et “qui aura le dernier mot”  (au risque de regretter nos actes ou nos paroles et d’être rongé par la culpabilité).

Notre ami le Dr. Thomas Gordon continue à nous expliquer dans son libre Eduquer sans punir les limites de la punition.

Elles sont bien souvent inefficaces

Même si certaines fois, les punitions ont un effet à court terme, elles peuvent très souvent s’avérer inefficace.

  • Les punitions légères peuvent renforcer les comportements que l’on juge inappropriés : certains enfants vont continuer à adopter un comportement qui dérange son parent dans le but d’obtenir son attention.
  • La satisfaction éprouvée en faisant un acte pourtant interdit peut être plus forte que l’effet de la punition légère : autrement dit, le prix à payer pour réaliser “la bêtise” vaut largement le coup.
  • Quand le chat n’est pas là, les souris dansent : la menace des punitions, pour peu qu’on les applique, est efficace lorsque l’adulte est là et contrôle le comportement de l’enfant. Mais dès qu’il est absent, l’enfant reprend de plus belle ! L’utilisation des punitions ne permet pas à l’enfant de développer chez lui de l’autodiscipline.
  • Elles ne permettent pas à l’enfant de comprendre réellement le pourquoi du comment. Il ne réfléchit pas au sens et aux conséquences profondes de ces actes car il est aveuglé par la menace de la punition.

    Tu peux également lire l’article Connecter avant d’enseigner.

Elles peuvent entraîner des conséquences malheureuses

Les punitions dites sévères peuvent entraîner de lourdes répercussions physiques, psychologiques et cérébrales.

  • Les punitions corporelles peuvent avoir de graves conséquences physiques : je ne vais pas m’attarder sur les risques médicaux que la violence peut engendrer sur un enfant mais on le sait, elle peut entraîner la mort. Harris Interactive a réalisé en octobre 2017 un sondage internet auprès d’un millier de Français majeurs. On y découvre que 22% des adultes déclarent avoir été victimes de maltraitances graves, ce qui comprend les violences physiques (5%), les violences psychologiques (8%), les négligences régulières (3%) et les violences sexuelles de tous types (16%).
  • La violence entraîne la violence : les enfants sont des éponges et reproduisent nos actes violents. Les personnes violentes et agressives ont bien souvent vécu et subi de la violence lorsqu’ils étaient enfants. Les punitions sévères amènent l’enfant à devenir insensible, sans empathie, égoïste et dur et dans les cas extrêmes, cela peut déboucher sur de la violence à l’égard des autres et de soi-même ainsi que sur des conduites antisociales (Dr Catherine Gueguen, Vivre heureux avec son enfant).

    Tu peux également lire l’article L’écoute active et l’empathie.

limites punition

En ayant recours aux punitions et récompenses, on exerce en fait un contrôle externe, c’est-à-dire une discipline imposée par l’adulte. Le contrôle interne quant à lui permet aux enfants d’apprendre à se contrôler eux-mêmes face aux désagréments qui résultent de leur propre comportement. On appelle ça, l’autodiscipline.

Ce dont on ne se rend pas toujours compte quand on est parent, c’est que le chantage et la menace activent le cerveau reptilien de notre enfant qui le pousse instinctivement à adopter l’une de ces deux réactions :

  • La soumission : l’enfant va adopter les comportements souhaités soit parce qu’il aura peur, soit pour être tranquille, laissant grandir en lui un goût amer de revanche. La soumission va très fortement faciliter notre vie de parents mais est-ce vraiment une compétence de vie qu’on rêve d’enseigner à notre enfant ? A-t ’on envie qu’il devienne un adulte soumis ou en quête de revanche ?
  • La rébellion : la rébellion peut avoir du bon mais elle est usante pour un parent ! Et surtout, on se sent impuissant car on constate avec dépit que les punitions et les récompenses n’ont aucun effet sur l’enfant. Pire, il adopte des comportements encore plus inacceptables qui peuvent nous pousser à durcir les punitions. On rentre alors dans un cercle vicieux ou le plaisir d’être parent disparaît peu à peu…

Avant de m’intéresser à la Discipline Positive, j’étais déjà convaincue de l’inefficacité des punitions et des récompenses. Ma formation n’a fait que renforcer ma conviction et m’a permis de comprendre le phénomène de motivations intrinsèques et de contrôle interne. Ce que je voulais ensuite, et je suis sûre que c’est pareil pour toi,  c’était de savoir s’il existait des alternatives pour que mon enfant comprenne qu’il ne peut pas forcément faire tout ce qu’il veut. Et la bonne nouvelle, c’est que j’ai appris que ça existait ! Dans mon prochain article, tu va découvrir trois alternatives à la punition.

Et toi, que penses-tu de tout ça ? Que ressentais-tu lorsque tu étais enfant et que tu te faisais punir ? N’hésite pas à commenter juste en-dessous.

Photo : Kinga Cichewicz
Musique : Jamie Rumley


Tu viens de lire l’article 13 sur 21 de mon défi. Le défi que je me suis lancé ? Tester 21 principes de la discipline et la parentalité positive en 21 semaines et partager avec toi chacune de mes expériences. > En savoir plus sur le défi.

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