Les conseils des Experts | Cuisiner avec son enfant

Une interview, un podcast – Nathalie Mertens de Nutri-Momes.com

En cette fin d’année, je me suis – encore – lancé un nouveau challenge : celui de réaliser des interviews ! Voici donc ma première interview. Le son pourrait être mieux, je te promets de faire mieux la prochaine fois ! Dans ce podcast, tu découvriras les bénéfices de cuisiner avec son enfant ainsi que des astuces pour cuisiner dans la joie et la bonne humeur.

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Transcription du texte du podcast :

Présentation

Aujourd’hui, pour ma première interview, je suis partie à la rencontre de Nathalie Mertens, conseillère en nutrition certifiée Cerden et auteur du blog Nutri-Momes.com.

PPQI : Bonjour Nathalie !

Nathalie Mertens : Bonjour Emma !

PPQI : Alors si j’ai voulu réaliser cette interview avec toi, c’est parce que j’ai la fâcheuse tendance à m’enfermer dans ma cuisine quand je cuisine parce que j’ai peur que Poussinou se blesse ou qu’il mette du bazar ou qu’il détruise ma recette. Je pense qu’il y a d’autres parents qui sont dans mon cas et je suis sûre que tu trouveras les arguments pour qu’on lâche prise et qu’on partage un moment culinaire régulièrement avec notre enfant. Est-ce que tu peux déjà commencer par te présenter s’il te plait ?

Nathalie Mertens : Alors comme tu l’as dit, je suis Nathalie du blog Nutri Mômes et il y a quelques années, j’ai fait une formation en nutrition et c’est là que je me suis rendu compte que l’alimentation jouait énormément sur notre santé et sur toute notre santé future. Toutes les maladies cardio-vasculaires qu’on peut avoir après, les maladies dégénératives comme Alzheimer, Parkinson ou tout ce qui est diabète, obésité… Et c’est maintenant, à l’âge de nos enfants qu’il faut faire attention à ce qu’on leur donne comme nourriture et l’ennui c’est que toutes les industries agro-alimentaires font plein de publicités pour leurs produits. On pense que c’est bon pour leur santé et en fait, ça l’est pas du tout.

Je reçois des personnes à mon cabinet pour en discuter avec elle et j’ai aussi créé le blog Nutri-momes.com pour faire passer un maximum d’informations aux parents.

PPQI : D’accord donc ton blog, Nutri-Momes.com, c’est vraiment pour toucher un maximum de parents et leur donner des conseils simples à mettre en pratique pour donner une alimentation plus seine à leurs enfants. C’est bien ça ?

Nathalie Mertens : Oui.

Les bénéfices de cuisiner avec son enfant

PPQI : OK, je te remercie pour cette présentation. La première question que je voudrais te poser, c’est de savoir quelles sont les bénéfices de cuisiner avec son enfant ? Qu’est-ce que ça apporte de cuisiner avec son enfant ?

Nathalie Mertens : Comme toi avec mes deux grandes, je ne les faisais pas venir non plus dans la cuisine car j’avais aussi entendu “Attention, c’est dangereux”. J’avais donc mis les fameuses barrières pour les empêcher de rentrer et puis j’ai complètement changé de vision des choses avec mon troisième et je me suis rendu compte du coup que mes deux grandes viennent beaucoup plus souvent dans la cuisine et ça nous permet de discuter de plein de choses en cuisinant. On va discuter de ce qu’il s’est passé à l’école, des disputes entre frère et sœurs, des choses qui les tracassent et plutôt que d’être le soir dans la cuisine et les enfants à côté, on se retrouve ensemble pour un moment en famille.

PPQI : Oui donc c’est vraiment un moment de partage, un moment de convivialité. Un moment, comme j’aime dire, où on se connecte. C’est ça ?

Nathalie Mertens : Exactement. Et ça permet aussi de lui laisser faire des tâches. Ils vont prendre confiance en eux en se disant voilà, maman ou papa, ils me laissent faire telle ou telle chose, c’est que je suis grand, c’est que j’en suis capable…

PPQI : Donc ce que tu veux dire, c’est qu’on peut leur laisser faire des choses, c’est ça ?

Nathalie Mertens : Oui. Beaucoup de choses.

PPQI : Alors avant de savoir ce qu’on peut faire faire à son enfant, est-ce que tu as d’autres bénéfices à nous partager ?

Nathalie Mertens : Oui donc je voulais aussi souligner l’importance de l’alimentation, montrer les bonnes habitudes alimentaires à nos enfants. Ne pas mettre un plat préparé dans le micro-ondes mais leur montrer que l’alimentation va bien au-delà de ça. Tout ce qu’ils peuvent voir et manipuler maintenant, ça leur servira pour plus tard. Il comprendront ainsi qu’il y a plein de richesses dans la cuisine.

PPQI : Oui, et puis de savoir par exemple que le poisson qu’ils ont dans leur assiette, ce n’est pas un carré blanc mais un vrai poisson. Qu’ils puissent voir les aliments tels qu’ils sont en réalité.

Nathalie Mertens : Voilà exactement, pareil pour les légumes. Ces petites dés de courgettes, et bien qu’ils puissent voir le légume en entier. Ils peuvent ainsi avoir envie de poser des questions comme “Ca vient d’où ? Comment on les cultive ? Est-ce que ça pousse dans le sol, dans les arbres ?”. Donc ça les éveille à toute la nature.

PPQI : Ca attise leur curiosité en fait.

Nathalie Mertens : Aussi, oui.

PPQI : Intéressant… Est-ce que tu as d’autres bénéfices que tu souhaiterais nous partager ?

Nathalie Mertens : Je dirais une dernière chose alors. Ca développe tout ce qui est habileté motrice. La concentration aussi lorsqu’ils sont occupés à effectuer une tâche. Et l’apprentissage de l’autonomie, quand ils doivent apprendre à faire des choses seuls, par eux-mêmes.

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Quelques précautions à prendre

PPQI : Donc tu dis  qu’on peut cuisiner avec nos enfants. On voit en effet qu’il y a des bénéfices à cuisiner avec nos enfants. Mais est-ce qu’il y a des précautions à prendre ?

Nathalie Mertens : Oui. Il faut faire attention au four quand il est allumé, aux plaques chaudes… Leur montrer qu’ils ne doivent pas s’approcher de ces endroits, ou alors avec précaution. Et faire attention aussi aux objets tranchants. Si vous utilisez un couteau, ne le laissez pas au bord du plan de travail mais mettez-le plus loin, hors d’atteinte.

PPQI : D’accord. D’autres précautions ?

Nathalie Mertens : Je dirais pas des précautions mais… Apprendre à lâcher prise. Se dire que si l’enfant fait la cuisine, ça sera peut-être pas aussi bien fait ou pas exactement comme on le souhaite. Il faut se rendre compte que ce qui est important pour lui, c’est toute la fierté qu’il va en retirer d’avoir pu faire une pâtisserie ou un plat et si c’est pas fait parfaitement, ce n’est pas grave. Quand ma deuxième fait des cookies, elle les fait plus grands et plus épais que ce que je ferais moi et finalement, je la laisse faire parce que en soit, c’est pas très grave. Et elle est très fière de ce qu’elle a sorti du four finalement.

PPQI : OK, alors ce qu’on peut peut-être conseiller aux parents – en tout cas ce que je vais m’auto-conseiller – en tant que parent qui cuisine pas beaucoup avec son enfant, c’est d’éviter de commencer par des repas qui nous stressent un peu comme quand on reçoit des invités par exemple mais plutôt de vraiment prévoir cette activité avec notre enfant. Par exemple pour préparer des cookies comme tu disais, pour le goûter entre nous – ça peut être une activité sympa qui nous permet d’éviter du stress.

Nathalie Mertens : Oui. Il y a ça et commencer à un moment où on a le temps, où on est patient. Comme ça, si on voit qu’il est un peu lent, on ne sera pas derrière lui à dire “Allez, vite, ça va être l’heure de manger”.

PPQI : Oui parce que sinon, ça risque de se terminer en pleurs, en crises et là, c’est plus du tout un moment de plaisir dans ces cas-là. OK donc ce que tu nous conseilles, c’est de cuisiner ensemble à un moment où on est disponible, un moment où on a le temps de cuisiner avec notre enfant, sans stress et dans la sérénité.

La cuisine, âge par âge

OK. Maintenant, j’ai une question qui me taraude. C’est de savoir qu’est-ce qu’on peut demander à un enfant de faire en fonction de son âge ? J’aimerais vraiment savoir ce que peut faire Poussinou aujourd’hui pour m’aider et ce qu’il pourra faire dans le futur.

Nathalie Mertens : Alors ce que j’ai fait avec mon troisième, c’est que je l’ai mis dans la cuisine dès qu’il était bébé. J’avais une sorte de relax que je pouvais mettre en hauteur et donc il voyait ce que je cuisinais, il voyait les couleurs des aliments, il sentait les odeurs. Je lui donnais des petites cuillères en bois et des petits pots avec lesquels il pouvait jouer pendant que je cuisinais. Du coup, ça développe la vue, l’odorat, le toucher… Les sens. Ce qui est très important à cet âge-là car c’est comme ça qu’ils se développent.

PPQI : Oui tout à fait. Et donc vers 2 ans, qu’est-ce que tu leur fais faire ?

Nathalie Mertens : Ce que je fais avec mon troisième qui a presque 2 ans et demi c’est qu’il va sur un tabouret sécurisé, qu’on appelle une tour Montessori, du coup il trifouille les aliments avec moi et ça développe toute sa motricité fine. Donc si je fais de la salade, il peut déchirer les feuilles de salade. Ce qu’il aime beaucoup faire, c’est séparer les quartiers de mandarines, c’est son kiff. Il aime beaucoup mélanger dans les plats ou si je dois verser un aliment sur un autre, il fait ça aussi. Il aime vraiment participer à ce que je fais. Si je mets la table, il va mettre la table avec moi. Je vais essayer de pas lui donner des choses lourdes par exemple les couverts, les dessous de plat. Ce qu’il fait aussi, c’est de ranger les couverts aux bons endroits dans le tiroir.

PPQI : les couteaux aussi ?

Nathalie Mertens : Non pas les couteaux, je les fais moi. Je commence par les couteaux et après, il range les fourchettes ensemble, les cuillères ensemble… Ca développe vraiment toutes ses capacités. On peut déjà leur demander beaucoup de choses. Après, c’est à voir aussi en fonction de l’enfant en lui-même. C’est à chaque parent de s’adapter en fonction de l’enfant et en fonction de ce qu’il souhaite faire aussi.

PPQI : Ce que j’aime beaucoup dans l’exemple que tu donnes – j’en parle beaucoup dans mes articles et dans mes podcasts, et ça vient de la Discipline Positive de Jane Nelsen – c’est qu’un enfant a un réel besoin d’appartenance et d’importance. De pouvoir participer de cette façon à la vie familiale, ça nourrit ce besoin d’appartenance et je trouve que c’est vraiment super.

Alors je te laisse continuer avec les exemples d’activités par âge.

Nathalie Mertens : Je dirais vers 4/5 ans, commencer à lui permettre d’utiliser des ustensiles de cuisine. Ma deuxième utilisait le presse-fruits, le batteur pour faire des blancs en neige, l’éplucheur. Petit à petit, ils y arrivent. Au début, on le fait avec eux et puis on voit comment ils s’en sortent. On peut passer derrière après ou sur les endroits difficiles de certains légumes pas évidents à éplucher. Je dirais aussi couper les herbes aussi aux ciseaux. C’est en fait donner progressivement davantage de responsabilités à l’enfant. Il va être fier de lui et de pouvoir faire comme papa et maman.

Vers 6/8 ans, on peut encore augmenter l’autonomie. Donc s’ils ont l’habitude de faire certaines recettes, ils peuvent sortir les ingrédients eux-mêmes, ils peuvent sortir les ustensiles eux-mêmes… Et commencer à préparer certains desserts tous seuls. Ils peuvent utiliser les mesures en pot de yaourts par exemple.

PPQI : Ca me rappelle des souvenirs de quand j’étais petite !

Nathalie Mertens : Bah voilà, ça, ça fonctionne bien !

A partir de 9 ans, encore plus d’autonomie. On peut les laisser utiliser le four, le cuiseur-vapeur, les casseroles chaudes, tout en leur expliquant les règles de sécurité et en restant dans la cuisine afin d’être prêt à les aider et de garder un œil sur eux. Ils peuvent aussi donner des idées de recettes, écrire les listes des courses car à cet âge-là ils savent lire et écrire… Nous aider de plus en plus dans le quotidien.

En résumé

PPQI : Merci Nathalie, merci beaucoup pour tous ces conseils. Si je résume donc oui, il y a des bénéfices à cuisiner avec son enfant. Ca développe la motricité, l’estime de soi, l’enfant se rend compte qu’il est capable. Ca renforce aussi la complicité, le lien qu’on a avec son enfant –  cette fameuse connexion.

Et puis évidemment il y a des précautions à prendre. Notamment par rapport à la sécurité comme le four, les objets tranchants… Mais également penser aussi à lâcher prise. Donc ça c’est vrai que c’est un point important parce qu’évidemment, cuisiner avec son enfant, ça sera pas forcément parfait, en tout cas pas comme on l’entend. Donc privilégier des moments où on n’est pas pressé et pas trop stressé.

Enfin, tu as terminé par des activités selon les âges. Ca c’est vraiment super et d’ailleurs, tu en donnes bien d’autres sur ton blog sur ce lien. Tu nous apprends qu’on peut débuter dès le plus jeune âge lorsqu’ils sont nourrissons, en les faisant participer pour développer leurs sens. Quand je dis participer, c’est regarder, sentir, toucher, etc.

Bon bah moi, je vais m’y mettre dès maintenant et j’espère que vous aussi ! Je ne sais pas si vous cuisinez avec vos enfants, n’hésitez pas à me le mettre en commentaire en bas de cet article, je serais ravie d’échanger avec vous. Et puis si vous avez des questions pour Nathalie, même chose, n’hésitez pas à les mettre en commentaire et je ferai le lien avec elle.

Vous pouvez également aller sur le blog de Nathalie Nutri-Momes.com pour découvrir tous ses conseils en nutrition pour les enfants.

L’interview touche à sa fin. Encore merci Nathalie pour le temps que tu nous as accordé et pour tous tes conseils pour cuisiner avec son enfant. Je te dis à très bientôt.

Nathalie Mertens : Au revoir Emma.

PPQI : Salut les Parents Plus Qu’Imparfaits  Et surtout, n’oubliez pas de rester imparfait !

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