Je suis un parent imparfait

Comme tu le sais, je suis maman et passionnée de parentalité positive. Mais je suis très loin d’appliquer tous les principes de l’éducation bienveillante et surtout, je suis un parent imparfait. Je ne sais pas toi, mais perso, lorsque je lis ou vois certaines choses dans les magazines ou sur Internet, je me culpabilise à mort…

J’aimerais être parfaite, oui mais voilà… Je pense, dis ou fais tout un tas de choses qui font de moi un parent imparfait. Ames sensibles, s’abstenir, mes propos risquent de choquer certains parents parfaits.

Le maternage, c’est vraiment obligé ?

Oui je suis passionnée de parentalité positive, oui j’ai un blog sur le sujet, oui l’allaitement, le portage, le cododo, l’hygiène naturelle infantile sont souvent associés à la parentalité positive. Mais voilà, en tant que parfait parent imparfait,  je n’ai quasiment pas adopté ces pratiques (petit aparté, je n’aime pas du tout le terme maternage, je préfère l’expression parentage proximal. Vive les papas !). Je sais, c’est mal. C’est mal de n’avoir allaité que quelques jours. C’est mal de ne pas porter son enfant H-24, c’est mal d’avoir mis son nourrisson dans son lit (à barreau, quelle horreur !) au bout d’une semaine de vie, c’est mal de lui mettre des couches jusqu’à je-sais-pas-quel-âge. C’est peut-être mal mais c’est ainsi que j’ai eu besoin d’agir.

Ce qui me fait de la peine dans tout ça, c’est que non seulement les femmes qui sont dans mon cas se culpabilisent beaucoup de ne pas donner le meilleur pour leurs enfants mais en plus celles qui adoptent ces pratiques ressentent aussi un mal-être à cause du jugement des autres. Mais foutez-nous la paix à la fin et occupez-vous de vos vies ! Pardon, c’est certes un discours de parent imparfait, mais c’est ce que je ressens.

J’aurai probablement l’occasion d’en reparler mais j’ai désormais un avis très net sur le sujet. Ce qu’il y a de mieux, ce n’est pas d’adopter un parentage proximal ou je ne sais quoi, ce qu’il y a de mieux, c’est de faire ce qui nous rend serein et heureux. C’est être à la fois dans l’empathie pour son enfant et dans l’auto-empathie. Cher Parent Plus Qu’Imparfait, s’il te plait, ne fais jamais, soit disant “pour le bien de ton enfant”, quelque chose qui te rend malheureux.

Bien manger, c’est bien grandir !

Oui, sauf que bien manger, ça veut dire :

  • Faire ses courses au marché ou dans des supermarchés bio
  • Acheter des légumes de saison
  • Ne pas acheter de plats préparés ou du congelé
  • Cuisiner

Le problème c’est que moi, je n’ai pas toujours le temps ou l’envie. Lorsqu’il était plus petit, je passais des dimanches entiers à lui préparer de bons petits plats. Je faisais cela pour lui donner les meilleures choses possibles, pour me rattraper de mon manque d’investissement en semaine (je travaillais énormément), et pour ne pas me culpabiliser. Pendant ce temps, Papa Plus Qu’Imparfait et Poussinou jouaient, se promenaient, etc, et malgré tout le mal que je me donnais, notre complicité en prenait un coup. Au bout d’un moment, j’ai compris qu’il fallait absoluement que je trouve un équilibre, notre équilibre.

Aujourd’hui, je cuisine moins (j’achète souvent des légumes congelés et déjà coupés) et je passe davantage de temps avec lui. Et ça, c’est du bonheur ! Je garde toutefois quelques règles qui me sont propres car l’alimentation me tient à coeur.

Le craquage ou plus communément appelé le pétage de plombs

parent imparfait

Photo : Kristina Alexanderson

J’ai une confession à vous faire, en tant que parent imparfait, il m’arrive de penser ou de dire des choses qui ne sont recommandées dans aucun bouquin de parentalité bienveillante. J’ai cherché pourtant !

Il m’arrive de :

1. Crier. Ca n’a absolument aucune valeur éducative, on est bien d’accord. Clairement, ça ne sert qu’à une chose : se défouler. Le problème, c’est que non seulement ça empire la situation, mais en plus Poussinou se sent mal. Résultat, la culpabilité (encore celle-la), refait surface. Etre en colère est une chose, crier en est une autre. D’ailleurs, si tu passes ton temps à dire à tes enfants de ne pas faire ci ou de ne pas faire ça, cet article est fait pour toi.
Pas toujours facile de gérer sa colère !

2. Faire un peu de chantage pour arriver à mes fins. Alors ça, c’est petit ! OK, j’utilise les expressions recommandées en parentalité positive (dès que… tu pourras…). Toujours est-il que c’est quand même pas hyper riche en enseignements pour un enfant. Lorsque je dis à mon fils “Bien sûr Poussinou, tu auras du dessert dès que tu auras mangé tes brocolis” et qu’il se met à littéralement gober ses brocolis sans prendre la peine de mâcher, je me dis que c’est pas hyper “parentalité positive” tout ça.
Mais en attendant, il les a eu ses vitamines !

3. Ecouter un peu plus mes besoins. Coucher mon fils qui dit ne pas avoir envie de dormir alors que je suis crevée en est la parfaite illustration. Bon, s’il se met à pleurer, je le relève mais autrement, je le laisse couché. Pourquoi je fais ça ? Parce que je pars du principe que fatigue et bienveillance ne font pas bon ménage chez un parent imparfait.
Penser d’abord à soi de temps à autre, ça fait tellement de bien !

I have a dream

Plusieurs en fait ! Quelquefois, on fait des rêves qui nous rendent mal à l’aise, qui nous culpabilisent. Eh mais à quoi tu penses là Sarcastic smile ? Allez, je me lance, je vais t’avouer mes rêves, ceux qu’on garde pour soi normalement.

Partir en vacances en tête à tête avec mon homme

Il m’est arrivé de tomber sur des posts ou articles qui racontent à quel point c’est le rêve de partir en vacances avec ses enfants. Et quand je vois tous les commentaires qui vont dans le même sens, je me culpabilise à mort, tu n’as pas idée. Ca me rappelle à quel point je suis un parent imparfait. J’adore partir en famille attention ! Passer (enfin) du temps avec mon fils, dîner avec lui, le voir s’éclater, rire, s’amuser. Ca me remplit de joie ! Oui mais voilà, je l’avoue, je suis nostalgique de ces virées à deux car il faut que je vous dise, je suis une éternelle ado…

La wish list des vacances du parent imparfait qui n’arrivera jamais :

  1. Aller boire un mojito après le diner
  2. Se faire un petit resto bien branchouille dans lequel il n’y a pas d’enfants
  3. Faire la grasse mat’!
  4. Se coucher à pas d’heure en se disant que de toute façon, on fera la grasse mat’ le lendemain
  5. Aller visiter pleins de jolis Villages
  6. Commencer les visites en fin de matinée ou en début d’après-midi (car non, mon fils ne veut pas faire la sieste dans la poussette contrairement à tous les enfants que je vois lorsque je me balade)
  7. Se promener léger sans timbale, bavoir, lingette (bouh! Elle utilise des lingettes, mauvaise mère !), matelas à langer, couches, coton…
  8. Faire bronzette
  9. S’endormir sur son transat (oh le rêve !)
  10. S’enivrer

Je vais vous faire une autre confidence…Ce qui nous angoisse par dessus tout, c’est de partir loin avec Poussinou. Tu sais, quand t’as 9h de vol et 6h de décalage horaire. No way…

Dormir

Comme je te disais, je suis une vraie ado. C’est-à-dire que je peux dormir 10h sans problème et me lever à midi. La plupart des parents me disent que depuis qu’ils sont parents, ils sont de toute façon réveillés tôt même sans enfants, ils n’ont juste plus envie de dormir le matin. Bah pas moi… Je rêve aussi de trainer au lit. Quand tu te réveilles le week-end et que tu restes au lit, à te réveiller tranquillement. Seule l’envie de faire pipi ou de manger te fait sortir de ton lit. Mais ça, c’était avant !

Faire les boutiques

Alors les boutiques, je peux les faire seule, bien sûr. Ce dont je parle, c’est se promener avec son chéri, tomber sur une boutique mode ou déco sympa, y rentrer et flâner. Faire des essais, hésiter, retourner dans la boutique parce que quand même, elle était chouette cette petite robe à fleurs, puis de faire chauffer la carte. Dans ces moments-là, je me sens paisible, sereine, bien, tout simplement. Alors que désormais, moi, parent imparfait, lorsque je rentre dans une jolie petite boutique de déco avec mon fils, comment dire… C’est plutôt le stress puissance 10 !

Aller au ciné, à un concert…

Ah, les sorties culturelles ! Je te parle pas de la Cité des Sciences ou de Disney, mais plutôt d’aller se faire un bon film ou pire, aller à un festival de musique. Et quand tu décides d’organiser une sortie concert, t’es dégoûté parce qu’il y a eu 3 rappels et qu’au final, la baby-sitter t’a coûté 50€. Si t’ajoute à ça les billets, le transport, le petit verre… Tu te dis juste “vivement dans 1 an qu’on recommence !”.

Me lever à la même heure qu’avant pour aller au travail

Durant toutes ces années sans enfant, je crois que je n’ai pas réalisé la chance que j’avais de pouvoir mettre mon réveil aussi tard. Avant, tu te levais, tu te préparais, tu petit-déjeunais, et voilà. Maintenant, tu fais tout ça (ou tu squeezes la douche, le maquillage, le petit-déjeunner…) mais tu dois aussi t’occuper de tes progénitures. Un parent parfait te dira que ça ne prend pas beaucoup de temps supplémentaire : 15 minutes de petit-déjeuner (équilibré et à table grâce à la vie du petit-déjeuner, la vie Ricorée); 10 minutes pour s’habiller et se débarbouiller; 5 minutes pour sortir de la maison et monter dans la voiture. Moins de 30 minutes, sérieux ?

Et là je dérive pardon, mais ce qui me donne l’impression d’être sur une autre planète, c’est quand je lis des articles qui t’aident à mieux t’organiner en tant que parent. On t’explique que tu dois te lever 2h avant les enfants afin de faire ton yoga, lire le journal et déguster ton petit-déjeuner sans gluten. Ca peut faire rêver en effet mais rien que le fait de m’imaginer avancer mon réveil ne serait-ce que de 15 minutes, ça me donne de l’urticaire.

Avoir des choses (intéressantes) à raconter

Pour beaucoup (enfin pour les Parents Plus Qu’Imparfaits), non seulement t’as rien d’autre à raconter que de parler de tes enfants mais en plus t’a pas envie de parler d’autre chose ! Et ton compte Instagram, n’en parlons même pas. Je suis le genre de parent bien relou qui est capable d’aller voir une collègue sans enfant pour lui montrer la dernière vidéo de Poussinou. Au secours, la mère relou arrive, smartphone à la main ! Décroche ton téléphone, fais semblant d’être en call !

Avant, quand on me demandait ce que j’avais fait de mon week-end lors des déjeuners du lundi, ça ressemblait à ça :

Alors vendredi soir, je me suis fais un super resto dans le 2e avec mes copines, c’était top ! Ah mais oui, tu sais puisque t’as liké la photo de mon plat ! Samedi, j’ai emergé à midi. On s’est fait un brunch puis on est allés voir une super expo au Palais de Tokyo. Le soir, on s’est fait un concert à La Maroquinerie et on a trainé après, on s’est couché à 5h. Le dimanche, on n’a rien fait ! Si, on s’est quand même maté 3 saisons de Breaking Bad (eh oui, je vous parle de ça, c’était il y a quelques années !).

Aujourd’hui, ça ressemble plutôt à ça :

Alors vendredi soir, on a regardé Koh-Lanta puis je me suis endormie sur le canap’ devant Arthur. Samedi, je me suis levée à 7h45. On est allés à la Ludothèque puis on est rentrés à midi pour déjeuner. Poussinou a fait une longue sieste, c’était top ! Ca m’a permis de faire les lessives et de ranger (sérieux ?!). Et en fin d’après-midi, on est allés au manège (youpi !). Samedi soir ? On a regardé The Voice. Et dimanche et bien, plus ou moins comme samedi. On s’est fait un petit tour de vélo, ça nous a fait un bien fou !

Ah mais je suis bête, je ne raconte plus mes week-ends puisque je n’ai plus le temps de déjeuner avec collègues (gestion du temps oblige !).

Je rêve aussi de ne pas avoir à faire des légumes à tous les repas (bouh, pas bien !), de me coucher super tard le week-end, d’improviser des soirée, d’avoir parfois à m’occuper seulement de moi, de faire des grands voyages, de faire des choses inconscientes et bien d’autres choses encore.

Et toi, as-tu ce genre de rêves de parent imparfait inavouables ? Je serais curieuse de les connaître. Et puis je me sentirais moins seule ! Dis-le moi en commentaire en bas de l’article.

Cette liste de choses inavouables est – malheureusement – non exhaustive. Certains se diront à la lecture de cet artice que je ne devrais pas avoir un blog sur la parentalité car ce que je dis, ce dont je rêve ou la façon dont j’agis parfois sont contraires aux valeurs de la parentalité consciente. Je me suis pendant longtemps culpabilisée mais aujourd’hui, c’est fini. Je suis une adepte des principes de la parentalité positive, je fais de mon mieux au quotidien pour les appliquer, je les partage, mais je reste un être humain, doté de surcroît d’un caractère de m…. ! En somme, je suis un parent imparfait qui essaie de progresser, et j’en suis fière !

Conseils à tous les Parents Plus Qu’Imparfaits

Vous aurez beau faire de votre mieux, cela ne sera jamais assez bien pour telle ou telle personne (et même pour vous d’ailleurs !). Alors surtout chers Parents Plus Qu’Imparfaits, retenez bien cela :

  1. Ne laissez personne vous rabaisser dans votre estime de parents et surtout pas vous-même ;
  2. Ne devenez pas quelqu’un d’autre sous prétexte que pour être bienveillant, il faut dire çi ou ça. Ca vous reviendra en pleine façe tôt ou tard ;
  3. Gardez sans relâche l’envie de vous améliorer en tant que parent ; Le fait de progresser n’est pas incompatible avec le fait de rester soi-même ;
  4. Fêtez vos petites victoires ! Lorsque je dis “victoires”, je ne parle pas de gagnant (le parent) et perdant (l’enfant). Constater un climat familial plus harmonieux par exemple en est une ;
  5. Lisez des livres déculpabilisants. Le guide décapent des parents imparfaits en est un super exemple.
  6. Dites-vous qu’en étant vous-mêmes, vous enseignez une belle valeur à vos enfants : l’authenticité.

Parole de parent imparfait !

Photo : Caroline Hernandez

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