Comment gérer mes propres émotions de parent ?

C’est fou comme on a souvent l’impression de subir nos émotions et de ne pas réussir à les maîtriser… On connaît aujourd’hui l’importance des émotions et on les enseigne à nos enfants mais réussir à gérer nos propres émotions relève du défi ! Dans cet article, je te propose des idées pour bien vivre tes émotions.

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Cet article participe au carnaval d’articles sur la Gestion des Emotions organisé par Marie du Blog Secrets de Nutritionniste.

La coupe est pleine

Il est 19h, tu rentres du travail, tu es fatigué(e). Les cartables traînent dans le couloir de l’entrée, le salon ressemble à un champ de bataille… Ta vue se brouille, tu sens la chaleur monter en toi… Tu exploses ! Tu en as assez de répéter tous les jours la même chose – c’est pourtant pas bien compliqué de poser son cartable sur le banc et de ranger les jouets au fur et à mesure ! Sur le moment, il fallait que ça sorte. Et ça t’a fait du bien. Mais très vite, la colère laisse place à la culpabilité voire au désespoir. Non seulement tu en as marre de cette situation récurrente mais en plus, tu te sens mal de t’être emporté de la sorte. Ce n’est pas comme ça que tu envisageais tes soirées en famille. Si seulement tu pouvais gérer tes émotions, ce serait super non ?

Est-il possible de gérer mes propres émotions ?

J’ai deux bonnes nouvelles et une mauvaise nouvelle pour toi. Je commence par la mauvaise…

Comme nous l’explique Carol Pirotte dans mon podcast “Parent hypersensible : comment faire face aux émotions de nos enfants ?” (je t’invite vivement à écouter ce podcast, qui a d’ailleurs été chaudement recommandé par Madame Figaro à ses lectrices !), on ne peut pas gérer des émotions. On peut gérer nos finances ou gérer un projet mais pas nos émotions !

En fait, depuis qu’on est petit, on nous a toujours fortement incité à canaliser nos émotions. C’est donc déjà ce qu’on essaie de faire au quotidien ! Quand on cherche à maîtriser une émotion, on va soit la réprimer et la garder en nous, soit la refouler et donc la nier.

Sauf qu’à un moment, cette émotion doit sortir. On va par exemple se mettre à crier sur nos enfants le soir parce qu’on aura accumulé des tensions émotionnelles au cours de notre journée de travail, se mettre à pleurer comme une madeleine devant L’amour est dans le pré, ou pire, développer avec le temps des maladies plus ou moins graves…

Il est donc important selon moi de changer notre vision des choses et de nous défaire enfin de cette idée selon laquelle que nous devons à tout prix gérer nos propres émotions (ou celles de nos enfants).

OK mais alors, que peut-on faire des émotions qui nous embarrassent ? Les deux bonnes nouvelles arrivent…

Gérer mes propres émotions : quand l’émotion est là…

Une émotion, c’est un mouvement qui sort (E signifie “vers l’extérieur” et motion”, mouvement). Elle est fondamentale à notre survie car c’est grâce à elle qu’on va par exemple prendre la fuite si on se retrouve nez à nez avec un ours. Là où ça nous pose problème, c’est quand on va réagir avec la même intensité lorsqu’on est face à une situation moins grave. Ce qui est, avouons-le, plus souvent le cas.

Alors que faire lorsqu’on est saisi d’une émotion désagréable ? Lorsque l’émotion est là, il faut “simplement” la vivre. Car les émotions en elles-mêmes ne tuent pas au contraire, elles nous prouvent que nous sommes bel et bien vivant.

Voici trois étapes qui t’aideront à vivre une émotion désagréable et ainsi faire preuve de bienveillance envers toi-même.

1. Reconnaître l’émotion qui me parcourt

La première étape, c’est de mettre un mot sur l’émotion qui me parcourt.

Quand je dis “émotion”, je parle de l’émotion au sens large. Il y a bien sûr les émotions primaires qui ne durent que quelques minutes comme la joie, la tristesse, l’amour, la colère, la peur, le dégoût. Mais aussi tous les sentiments qui se construisent sur la base d’un mélange d’émotions et qui durent plus longtemps comme la sérénité, la culpabilité, l’engouement, la frustration, le mépris, la honte…

En complétant la phrase “Je ressens de…”, cela me permet d’identifier mes émotions et de les nommer. Je prends ainsi conscience de ce qui me traverse.

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2. Accueillir cette émotion

La deuxième étape consiste à accueillir l’émotion qu’on a pu identifier. En parentalité positive, on parle beaucoup de l’accueil des émotions mais je trouve que c’est un concept qui n’est pas toujours évident à appréhender. Accueillir une émotion, c’est la laisser parcourir notre corps, c’est l’accepter telle quelle est, c’est l’écouter en se disant “tiens, cette émotion est présente en moi” et de la laisser partir comme elle est arrivée, sans jugement ni culpabilité.

Quand on sent qu’une émotion arrive, on peut observer les sensations que celle-ci provoque en nous et repérer ses effets dans notre corps. Par exemple, si je ressens de la honte : j’ai très chaud d’un coup, mes joues sont rouges, mes mains sont moites, le rythme de mon cœur s’accélère, je tremble légèrement et je bégaie, je cherche mes mots. J’ai l’impression que le sol s’effondre sous mes pieds. Je ressens l’envie de disparaître en un claquement de doigts.

Accueillir ses émotions demande un peu d’entraînement et pour t’exercer, je ne peux que te conseiller de t’initier à la sophrologie. Cela m’aide énormément dans mon quotidien.

3. S’accorder un temps de pause

Même s’il n’est pas possible ni souhaitable de gérer ses propres émotions, il est toutefois nécessaire d’essayer de maîtriser l’expression de ces émotions, cette expression se manifestant par des actes, des paroles ou des silences/inactions.

Pour ça, il faut réussir à rentrer dans sa bulle durant quelques minutes voire quelques secondes. Si on est entraîné, on peut réussir à se créer sa bulle au milieu “du chaos”. Ou alors, on peut profiter des moments de transition : se maquiller ou se doucher, partir chercher les enfants à l’école, rentrer du travail, s’accorder 3 minutes quand on vient de garer sa voiture ou juste avant d’enfoncer la clé dans la porte… Enfin, on peut également s’isoler 2 minutes si on en ressent le besoin, que ce soit sur le balcon, dans le jardin, dans notre chambre, dans la salle de bain ou aux toilettes comme le dit si bien Carol dans l’interview qu’elle m’a accordée .

Durant ce moment, on peut se concentrer sur sa respiration, boire un verre d’eau fraîche, écouter une musique qui nous fait du bien, regarder une photo apaisante, sentir une odeur rassurante… Si tu veux en savoir plus sur le temps de pause, je t’invite à lire ou écouter cet article.

Comment gérer ses émotions

Gérer mes propres émotions : en finir avec certaines situations qui provoquent en moi des émotions désagréables

Peut-on changer les circonstances ?

On vient de voir quoi faire au moment où on est aux prises avec nos émotions et nos ressentis. Mais en réfléchissant bien, on se rend compte qu’il y a certaines situations récurrentes qui nous pourrissent la vie et qui nous font ressentir des émotions désagréables qui nous poussent à agir de façon non constructive.

Certains te conseilleront de donner un gros coup de pied dans la fourmilière et de mettre en place des actions pour changer ces situations. Si c’est un problème que tu rencontres dans ton couple, on peut te suggérer de pratiquer la Communication Non Violente (qui peut être très efficace… mais pas toujours !), d’essayer de faire changer ta moitié (grâce à du chantage, de la pitié, des arguments…) ou carrément, de changer de chéri(e).

Vouloir changer les circonstances ou les autres est malheureusement très souvent voué à l’échec… A présent, je te propose de voir les choses sous un autre angle :

Nous sommes responsables de nos propres émotions

Et as-tu une idée de ce qui crée nos émotions ? Une circonstance peut-être ? Sauf que, à circonstance égale, on voit bien que deux personnes peuvent réagir différemment. Pourquoi ? Parce qu’elles n’ont pas la même pensée (cela peut être dû à leur expérience de la vie, leur éducation, leur humeur…). En effet :

Nos émotions découlent de nos pensées

Le modèle de Brook Castillo

Je te propose à présent une brève introduction du Modèle de la coach américaine Brook Castillo (mais qui n’est pas la seule à mettre en lumière ce modèle de pensée). Ce modèle repose sur le principe suivant : une circonstance, purement factuelle, entraîne des pensées qui vont créer nos émotions. De nos émotions découleront nos actions qui entraîneront nos résultats.

Le Modèle de Brook Castillo

Voici un exemple qui te parlera peut-être.

Modèle N°1

1. La circonstance : mon conjoint m’offre des fleurs une fois par an, à la Saint-Valentin.
2. Mes pensées : je ne reçois pas assez de petites attentions dans l’année, il n’y a pas besoin d’une fête commerciale pour recevoir des fleurs, ce n’est pas spontané, mon conjoint ne pense jamais à moi, il ne m’aime pas.
3. Mes émotions et sentiments : je ressens de la tristesse, je ne me sens pas comprise ni aimée, je me sens délaissée et malheureuse.
4. Mes actions : je vais être froide, faire la tête, lui faire des reproches, lui dire d’aller voir ailleurs s’il n’est pas content, me plaindre auprès de mes amis, lui faire du chantage affectif.
5. Les résultats : notre lien s’effiloche, notre relation en prend un coup, notre complicité disparaît.

Ce qui nous fait revenir aux mêmes types de circonstances et de pensées : mon conjoint ne m’aime plus, il ne pense pas à moi…

Nos pensées créent nos résultats

Si tu te reconnais dans cet exemple et que cela ne te convient pas, tu as le pouvoir de changer les choses ! Je t’invite alors à retravailler ce modèle pour obtenir des résultats qui pourront te satisfaire.

Modèle N°2

1. La circonstance : mon conjoint m’offre des fleurs une fois par an, à la Saint-Valentin.
2. Mes pensées : mon conjoint pense sûrement me faire plaisir en m’offrant ce bouquet, il ne trouve pas opportun de m’offrir des fleurs à d’autres moments de l’année, c’est sa façon à lui de me dire qu’il m’aime, je trouve sa maladresse touchante.
3. Mes émotions et sentiments : je ressens de la tendresse, de l’amour, de la nostalgie, de l’amusement.
4. Mes actions : je vais le remercier, l’embrasser, lui dire que ces petites attentions me touchent et lui rappeler que cela compte beaucoup pour moi et je vais ajouter que d’en recevoir de temps en temps me permet de me sentir aimée et choyée. Peut-être même que je lui offrirai un bouquet de fleurs un autre jour, sans raison.
5. Les résultats : notre lien sera renforcé, notre amour plus fort.

Ces résultats entraîneront d’autres circonstances plus en phase avec mes attentes, qui entraîneront des pensées agréables… Un cercle vertueux en somme ❤.

Ce Modèle nécessite d’être approfondi et demande de l’entraînement ainsi que qu’une sacrée remise en question sur notre façon d’aborder la vie. Je n’ai pas la prétention de révolutionner ton mode de pensée par un simple article mais si déjà, cette introduction au Modèle de Brook Castillo a éveillé ton attention et ta conscience, ce sera déjà une belle victoire. Je ne manquerai de t’en dire plus prochainement.

Quelle est la plus grosse difficulté que tu rencontres par rapport à tes émotions ? N’hésite pas à me le dire en commentaire de cet article.

Sources : Brook Castillo – The Life Coach School, Clothilde Dusoulier – Change Ma Vie, Esther Taillifet – Se Sentir Bien, Virginie Loÿ – Une Chose Par Jour.

Image : George Shervashidze
Musique : Steven Breuil

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